L’UE modifie son plan de sanctions pétrolières contre la Russie pour gagner les États réticents

Des modèles de barils de pétrole sont vus devant le panneau affiché “stop”, les couleurs du drapeau de l’UE et de la Russie dans cette illustration prise le 8 mars 2022. REUTERS/Dado Ruvic

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  • L’UE offre à la Hongrie, à la Slovaquie et à la République tchèque plus de temps pour s’adapter
  • L’interdiction du transport de pétrole reportée pour convaincre la Grèce
  • Des pourparlers complexes, mais les diplomates espèrent un compromis

BRUXELLES, 6 mai (Reuters) – La Commission européenne a proposé de modifier son projet d’embargo sur le pétrole russe afin de donner à la Hongrie, à la Slovaquie et à la République tchèque plus de temps pour se préparer à la réorientation de leurs approvisionnements énergétiques, ont déclaré vendredi trois sources européennes.

L’exécutif européen a annoncé cette semaine l’embargo dans le cadre de son ensemble de sanctions le plus sévère à ce jour contre la Russie à propos du conflit en Ukraine. Mais la Hongrie et d’autres États membres ont déclaré qu’ils s’inquiétaient de l’impact sur leurs propres économies. Lire la suite

La proposition modifiée – dont les envoyés de l’UE ont discuté vendredi matin sans parvenir à un accord – aiderait les trois pays à moderniser leurs infrastructures pétrolières, ont indiqué les sources.

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Il y aurait également une transition de trois mois avant d’interdire aux services maritimes de l’UE de transporter du pétrole russe, au lieu du mois initial – pour répondre aux préoccupations soulevées par la Grèce, Malte et Chypre concernant leurs compagnies maritimes, a ajouté l’une des sources.

D’autres discussions étaient attendues plus tard vendredi et peut-être dans le week-end, ont ajouté les sources, s’exprimant sous couvert d’anonymat.

Les diplomates ont déclaré que les pourparlers étaient complexes, mais beaucoup se sont dits convaincus qu’un compromis entre les 27 gouvernements de l’UE pourrait être trouvé avant la semaine prochaine.

Selon la proposition initiale, la plupart des pays de l’UE devraient cesser d’acheter du pétrole brut russe six mois après l’adoption des mesures et arrêter les importations de produits pétroliers raffinés en provenance de Russie d’ici la fin de l’année. La Hongrie et la Slovaquie avaient initialement jusqu’à fin 2023 pour s’adapter. Lire la suite

Selon les changements, la Hongrie et la Slovaquie pourraient acheter du pétrole russe à partir d’oléoducs jusqu’à la fin de 2024, et la République tchèque pourrait continuer jusqu’en juin 2024, si elle n’obtient pas de pétrole via un oléoduc du sud de l’Europe plus tôt, ont indiqué les sources.

La Bulgarie avait également demandé des dérogations, si d’autres les obtenaient, mais ne s’est pas vu offrir de concessions sur les délais, “parce qu’ils n’ont pas vraiment d’intérêt”, a déclaré un responsable. Les trois autres pays qui ont bénéficié d’une plus grande marge de manœuvre “ont un problème objectif”, a ajouté le responsable.

L’une des sources a déclaré que les délais prolongés étaient calculés sur les délais de construction probables pour les mises à niveau du pipeline. Le responsable a déclaré que la Hongrie et la Slovaquie ne représentaient que 6% des importations de pétrole de l’UE en provenance de Russie, et que les exemptions ne modifieraient pas l’impact de l’interdiction sur l’économie russe.

Le haut diplomate européen Josep Borrell a déclaré vendredi qu’il convoquerait une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l’UE la semaine prochaine si aucun accord n’était conclu d’ici le week-end. Lire la suite

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a déclaré plus tôt vendredi que la Hongrie aurait besoin de cinq ans et d’énormes investissements dans ses raffineries et ses pipelines pour transformer son système actuel, qui tire environ 65 % de son pétrole de la Russie. Lire la suite

Un diplomate familier avec les pourparlers entre les envoyés de l’UE à Bruxelles a qualifié les commentaires d’Orban de “principalement des fanfaronnades”, décrivant plutôt une atmosphère constructive dans les négociations.

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Reportage de Francesco Guarascio @fraguarascio et Robin Emmott; Montage par Hugh Lawson et Andrew Heavens

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