Le premier débat à la direction des conservateurs au Canada en un mot : méchant

Un agent de longue date du parti a appelé la confrontation de jeudi au Centre Shaw du centre-ville d’Ottawa, organisée parallèlement à la conférence Canada Strong and Free Network (CSFN), le débat sur le leadership le plus intense qu’il ait jamais vu.

Cinq candidats ont participé : Scott Aitchison, Roman Baber, Jean Charest, Leslyn Lewis et Pierre Poilievre. Un sixième candidat, Patrick Brown, a passé la soirée à faire campagne sur la côte Est. Sa campagne indique à POLITICO qu’il assistera aux deux débats officiels du parti plus tard ce mois-ci.

Au début du débat, plusieurs candidats ont demandé simultanément des réfutations des affirmations des autres. L’un des modérateurs, le président entrant du CSFN, Jamil Jivani, les a invités à le diffuser. “Si vous voulez mélanger les choses, allons-y”, a-t-il dit.

Et ils l’ont fait.

Les deux principaux combattants de la soirée étaient Poilievre, un député qui représente une circonscription d’Ottawa qui est perçu comme le favori, et Charest, un ancien premier ministre du Québec.

Leurs campagnes se tirent dessus sur les réseaux sociaux depuis des mois. Enfin, debout côte à côte sur scène, les deux hommes ont eu l’occasion d’exprimer leurs griefs devant un public en direct de conservateurs.

Voici cinq points à retenir du débat qui offrent des indices sur la prochaine étape de la course. Il reste moins d’un mois avant le 3 juin, date limite pour recruter des membres du parti pouvant voter. Le gagnant sera annoncé le 10 septembre.

À emporter 1 : Tout le monde convient que les conservateurs n’étaient pas assez conservateurs lors de la dernière campagne électorale

Les candidats ont été unanimes sur un point précis : la plateforme électorale de 2021 de l’ancienne chef du parti Erin O’Toole n’a pas réussi à offrir une vision conservatrice cohérente.

Aitchison, un député de l’Ontario rural, a reconnu que le discours d’O’Toole manquait de cohérence – un clin d’œil probable au revirement d’O’Toole sur une politique clé de contrôle des armes à feu. Charest et Lewis, un député de la même province, ont insisté sur le fait que le parti devait revenir à ses principes fondamentaux. Baber, un membre de l’Assemblée législative de l’Ontario, s’est plaint que de nombreux Canadiens « n’étaient pas sûrs de notre position ».

Poilievre, qui représente également une circonscription ontarienne, a contourné les échecs d’O’Toole pour se concentrer sur ses propres forces. Il s’est vanté d’avoir remporté sept élections consécutives dans une “grande ville multiculturelle” – la banlieue d’Ottawa, plus les zones rurales périphériques – créditant son “dossier impeccable” en tant que candidat à faible taux d’imposition et à faible inflation.

À emporter 2: Leslyn Lewis a ses armes braquées sur Pierre Poilievre

Lewis est la seule championne des conservateurs sociaux dans cette course, et ses adversaires savent que ces partisans influenceront le résultat de la course. Ils ont à peine mentionné son nom, et encore moins critiqué ses propositions.

Si elle abandonne le bulletin de vote, ces votes seront à gagner sur le bulletin de vote classé du parti.

Mais Lewis n’était pas un pacificateur jeudi. Elle a contesté le soutien de Poilievre au Freedom Convoy. “Vous n’étiez pas l’une des voix les plus fortes”, a-t-elle déclaré. “Vous n’avez pas parlé jusqu’à ce que ce soit commode pour vous de parler.”

Poilievre a nié l’accusation, affirmant qu’il avait toujours soutenu les manifestations légales et s’était opposé aux activités criminelles des éléments néfastes des manifestations prolongées au centre-ville d’Ottawa.

Lewis a également remis en question la bonne foi conservatrice sociale du favori. “Pierre Poilievre a fui les médias ces derniers jours parce qu’il ne veut pas déclarer s’il est pro-vie ou pro-choix”, a-t-elle déclaré. “En tant que leader, il va devoir le déclarer.”

Dans une courte déclaration envoyée à POLITICO, le camp de Poilievre s’est engagé à ne jamais légiférer contre l’avortement – ​​une position identique à celle de l’ancien premier ministre Stephen Harper pendant ses neuf années au pouvoir.

Le camp de Lewis a toujours affirmé que sa base de soutien s’étendait au-delà des conservateurs sociaux aux mêmes membres du parti épris de liberté qui se rendaient aux rassemblements de Poilievre partout au Canada. Attendez-vous à ce qu’elle garde ses armes braquées sur son collègue du caucus.

Plat à emporter 3: L’attaque signature de Poilievre fonctionne comme un charme

Quiconque a regardé Poilievre lors d’un comité parlementaire reconnaît ses tactiques de bouledogue. Il bombarde les témoins de questions simples jusqu’à ce qu’ils répondent ou que le président suspende la réunion.

Poilievre a employé la même technique jeudi, exigeant de savoir combien le géant chinois des télécoms Huawei avait payé Charest pour ses services de consultation. “Combien? Combien? Combien?” Charest a refusé de répondre.

Le travail de l’ancien premier ministre pour Huawei, qui a coïncidé avec l’assignation à résidence de la directrice financière Meng Wanzhou alors qu’elle combattait une éventuelle extradition vers les États-Unis, l’a poursuivi tout au long de la campagne. Il prétend avoir joué un rôle dans la négociation de la libération de Michael Kovrig et Michael Spavor, deux Canadiens qui ont été arrêtés peu après Wanzhou et gardés derrière les barreaux jusqu’à leur libération en septembre dernier.

Charest, un débatteur chevronné après une vie en politique, n’a jamais reculé devant Poilievre.

Mais il est tombé dans un autre piège. C’est un truisme en politique que les candidats ne doivent pas répéter la substance des attaques de leurs adversaires. Poilievre a pendant des mois qualifié Charest de premier ministre libéral qui n’a jamais gouverné en tant que conservateur.

L’ancien premier ministre a calmement posé une question à la salle. «Puis-je prendre un moment pour mettre fin à cette accusation d’être un libéral? S’il vous plaît, supportez-moi, supportez-moi.

A sa gauche, Poilievre souriait. « Ce n’est pas votre nom en tant que parti qui était libéral », a-t-il dit. “C’est votre bilan de plus de dettes, d’impôts plus élevés et d’un gouvernement plus cher qui était libéral.” Point Poilievre.

À retenir 4 : Le convoi de la liberté était une cause populaire

Le plan de match d’Aitchison est clair. Il va mettre l’accent sur l’unité, le travail d’équipe, le dialogue et l’empathie, implorant ses collègues débatteurs d’être raisonnables.

« Tout ce que nous faisons, c’est crier et crier l’un après l’autre », a-t-il déclaré après un échange houleux entre Poilievre et Charest. “Quel Canadien va faire confiance à ce lot?”

La plupart de ces appels à la santé mentale ont été applaudis, mais rarement enthousiastes. Les candidats étaient plus récompensés vocalement lorsqu’ils optaient pour la jugulaire.

C’était peut-être une salle pleine de conservateurs en col blanc, mais ils ont soutenu bruyamment le Freedom Convoy. Beaucoup ont applaudi tous ceux qui s’opposaient aux verrouillages.

À un moment donné, Charest a transformé le plaidoyer de Poilievre pour le Freedom Convoy en soutien aux manifestations illégales. Cette remarque a été accueillie par la seule série de huées soutenues de la nuit.

Plat à emporter 5: Peu importe la salle, les candidats sont à la recherche de clips

Charest a marqué un coup contre Poilievre sur le projet de loi 21, la loi québécoise qui interdit aux fonctionnaires, y compris les enseignants, de porter des symboles religieux au travail. Charest a accusé Poilievre d’avoir dit à un intervieweur de langue française qu’il n’interviendrait pas si une contestation judiciaire de la loi se retrouvait devant la Cour suprême.

Poilievre a dit qu’il s’opposait à la loi, mais n’a pas nié directement la demande de Charest. Les participants à la conférence dans la salle semblaient moins enthousiasmés par cet échange, mais Charest ne jouait pas avec eux – son public cible était de l’autre côté de la rivière au Québec.

Prochain arrêt: Les cinq candidats, ainsi que Brown, se réuniront le 11 mai à Edmonton pour le premier débat « officiel » du parti. Tom Clark, un ancien journaliste, servira de modérateur.

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